Chanson de Jeanne,
par Elodie Frégé

les filles n’aiment pas qu’on les regarde
elles baissent les yeux, elles cachent leurs joues
les filles n’aiment pas qu’on les regarde
mais elles se font belles au cas où

les filles n’aiment pas qu’on les aborde
elles croisent les jambes, elles font la moue
les filles n’aiment pas qu’on les aborde
mais elles se parfument au cas où

c’est un peu contradictoire
le genre féminin
on en fait toute une histoire
du genre féminin
mais c’est la plus belle histoire
de tout le genre humain
et même si on dit ça
eh bien les filles n’aiment pas

les filles n’aiment pas qu’on les appelle
elles laissent sonner à tous les coups
les filles n’aiment pas qu’on les appelle
mais donnent leur mobile au cas où


les filles n’aiment pas qu’on les dérange
casque sur les oreilles partout
les filles n’aiment pas qu’on les dérange
mais coupent la musique au cas où

c’est un peu contradictoire
le genre féminin
on en fait toute une histoire
du genre féminin
mais c’est la plus belle histoire
de tout le genre humain
et même si on dit ça
eh bien les filles n’aiment pas

les chansons les poèmes
même si elles aiment
elles ne le diront pas

et le soir dans leur chambre
tous ces messages tendres
elles les liront cent fois

mais si on dit ça
les filles n’aiment pas
les filles n’aiment pas


c’est un peu contradictoire
le genre féminin
on en fait toute une histoire
du genre féminin
mais c’est la plus belle histoire
de tout le genre humain
et même si on dit ça
eh bien les filles n’aiment pas

les filles n’aiment pas qu’on les regarde
elles baissent les yeux
mais c’est un jeu
les filles n’aiment pas qu’on les regarde
elles baissent les yeux
mais c’est un jeu
mais c’est un jeu
Chanson des Canards en plastique,
par Ours et Pierre Souchon

(mais qui es-tu, mais qui es-tu ?)
on me trouve dans les bains
(mais qui es-tu, mais qui es-tu ?)
ça vous en bouche un coin
un canard tout banal en plastique

(mais que fais tu, mais que fais-tu ?)
je surveille avec soin
(mais que fais tu, mais que fais-tu ?)
je vérifie dans les coins
l’important c’est d’avoir la technique

à la brosse, à la main
éponge ou gant de crin
frottez bien de façon énergique
mèches blondes ou châtains
mettez-y de l’entrain
le savon y’a que dans les yeux que ça pique

la confiture de coing
vous trouvez ça malin
sur le nez du voisin au pique-nique
des gens sales je préviens
j’en veux plus à la fin
sinon ça sert à rien
sinon ça sert à rien que j’explique


(mais qui es-tu, mais qui es-tu ?)
on me trouve dans les bains
(mais qui es-tu, mais qui es-tu ?)
je suis l’ami des bambins
un canard tout banal en plastique

(mais que fais-tu, mais que fais-tu ?)
les distraits, les vauriens
(mais que fais-tu, mais que fais-tu ?)
je les colle au coin coin
l’important c’est que tout le monde s’applique

à la brosse, à la main
éponge ou gant de crin
frottez bien de façon énergique
mèches blondes ou châtains
mettez-y de l’entrain
le savon y’a que dans les yeux que ça pique

la confiture de coing
vous trouvez ça malin
sur le nez du voisin au pique-nique
des gens sales je préviens
j’en veux plus à la fin
sinon ça sert à rien
sinon ça sert à rien que j’explique

le premier qui n’est pas lavé
qu’il fasse bien attention
au propre comme au figuré
je lui passe un savon


(mais qui es-tu, mais qui es-tu ?)
sous mes airs batailleurs
(mais qui es-tu, mais qui es-tu ?)
finalement j’ai bon coeur
le bonheur y’a que dans les yeux que ça pique
le bonheur y’a que dans les yeux que ça pique

à la brosse, à la main
éponge ou gant de crin
frottez bien de façon énergique
mèches blondes ou châtains
mettez-y de l’entrain
le bonheur y’a que dans les yeux que ça pique

à la brosse, à la main
éponge ou gant de crin
frottez bien de façon énergique
mèches blondes ou châtains
mettez-y de l’entrain
le bonheur y’a que dans les yeux que ça pique

ça vous en bouche un coin
un canard tout banal en plastique
ça vous en bouche un coin
Chanson de la Poupée Pam,
par Helena Noguerra

connaissez-vous ce mot anglais
désirez-vous que je traduise
si ça peut vous faire de l’effet
à votre place j’essaierais
le strip-tease

faudrait soigner le déhanché
ça demande un peu de maîtrise
le plus simple est de vous montrer
prenez des notes et admirez
le strip-tease

on se déshabille lentement
comme on effeuille une marguerite
les pétales sont nos vêtements
et c’est l’automne qu’on imite

on voit dans les yeux impatients
vivement, vivement la suite
c’est là qu’il faut prendre son temps
et aller de moins en moins vite

sans le savoir tout le monde le fait
dès que les lumières se tamisent
quand vient l’heure d’aller se coucher
devant le miroir essayez
le strip-tease


faites tourner tout doucement
vos habits par-dessus vos têtes
et au signal de vos parents
allez vous glisser sous la couette

connaissez-vous ce mot anglais
désirez-vous que je traduise
connaissez-vous ce mot anglais

est-ce qu’il m’aime un peu, beaucoup
passionnément, à la folie
ou bien est-ce qu’il ne m’aime pas du tout

est-ce qu’il m’aime un peu, beaucoup
passionnément, à la folie
ou bien est-ce qu’il ne m’aime pas du tout

est-ce qu’il m’aime un peu, beaucoup
passionnément, à la folie
ou bien est-ce qu’il ne m’aime pas du tout
pas du tout
Chanson du Cheval à bascule,
par Oldelaf

si d’abord je dis blanc et après je dis noir
c’est que je change d’avis comme d’autres de chemise
je trotte vers l’avant et puis je me ravise
je préfère revenir à mon point de départ
pour aller quelque part ce n’est pas très pratique
à dire la vérité c’est même ridicule
mais à quoi bon être à cheval sur la logique
quand on est cheval à bascule

j’aurais aimé faire cataclop
jusque sous les tropiques sauf
sauf que c’est une vraie catastrophe
c’est sur place que je galope

j’aurais aimé faire cataclop
jusque dans l’Antarctique sauf
sauf qu’il me faut être philosophe
je ne peux voyager qu’en stop

je soutiens une chose ensuite son contraire
ma couleur favorite est celle de l’arc-en-ciel
elle va du rouge vif au turquoise pastel
selon que je balance vers l’avant ou l’arrière
peut-être aurais-je pu faire une carrière politique
si j’avais été plus doué pour le calcul
mais on n’est pas très à cheval sur la logique
quand on est cheval à bascule

j’aurais aimé faire cataclop
jusque sous les tropiques sauf
sauf que c’est une vraie catastrophe
c’est sur place que je galope

j’aurais aimé faire cataclop
jusque dans l’Antarctique sauf
sauf qu’il me faut être philosophe
je ne peux voyager qu’en stop

sans faire plus de distance qu’une cafetière électrique
quand arrive le soir je suis sur les rotules
on n’est pas à cheval sur la logique
quand on est cheval à bascule

pour aller quelque part ce n’est pas très pratique
à dire la vérité c’est même ridicule
à quoi bon être à cheval sur la logique
quand on est cheval à bascule
j’aurais aimé faire cataclop
jusque sous les tropiques sauf
sauf que c’est une vraie catastrophe
c’est sur place que je galope

j’aurais aimé faire cataclop
jusque dans l’Antarctique sauf
sauf qu’il me faut être philosophe
je ne peux voyager qu’en stop
Chanson du Personnage en pâte à modeler,
par Gad Elmaleh

faut-il être bonne pâte
tout accepter
pour se plier en quatre
comme je le fais
que je me mette en boule
n’y change rien
le premier qui déboule
à pleines mains
me transforme en girafe
ou en voiture
en étoile et puis paf !
en crêpe nature
en crêpe nature

comme j’en ai plein les pattes
si vous saviez
d’être mou comme le plâtre
encore mouillé
je me réveille en poule
un beau matin

me voilà une ampoule
le lendemain
et j’aurai beau faire gaffe
raser les murs
ça se termine toujours paf !
en crêpe nature
en crêpe nature

quel dommage
j’ose pas me rebeller
quel dommage
je rêve d’être un dur un vrai
si seulement j’avais le courage
dire zut à ces bizutages
mais il y a un mais

je suis dans un pétrin
imaginez
pire que la pâte à pain
du boulanger
dès que je me la coule
douce dans mon coin
y’a toujours dans la foule
un petit malin
qui me transforme en piaf
ou en sculpture
en trompette et puis paf
en crêpe nature
en crêpe nature
quel dommage
j’ose pas me rebeller
quel dommage
je rêve d’être un dur un vrai
si seulement j’avais le courage
dire zut à ces bizutages
mais il y a un mais

quel dommage
quel dommage
si seulement j’avais le courage
mais j’ai les poings comme le visage
en pâte à modeler
en pâte à modeler
en pâte à modeler
Chanson de Joseph,
par Renan Luce

à quoi ça tient
être heureux
à trois fois rien
si on veut
mais à la couleur jamais
à la couleur jamais
à la couleur jamais

à quoi ça tient
être aimé
à plus ou moins
ce qu’on est
mais à la couleur jamais
à la couleur jamais
à la couleur jamais

au rang des apparences
c’est la plus dérisoire
c’est sans importance

au rang des apparences
c’est la plus accessoire
le blanc, le jaune, le noir

on t’aime de toutes les couleurs
de peau, de drapeau et d’ailleurs
entre le bleu et le rose
on fait pas la part des choses
t’es beau à l’intérieur


au rang des apparences
c’est la plus dérisoire
c’est sans importance

au rang des apparences
c’est la plus accessoire
le blanc, le jaune, le noir

on t’aime de toutes les couleurs
de peau, de drapeau et d’ailleurs
entre le bleu et le rose
on fait pas la part des choses
t’es beau à l’intérieur

ça tient peut-être
à l’amour
à des copains
tout autour
mais à la couleur jamais
à la couleur jamais
à la couleur jamais

à la couleur jamais
Chanson du Conducteur de train électrique,
par Laurent Voulzy

un jour quelqu’un vous embrasse
vous dépose sur la joue
un baiser qui laisse des traces
loin au fond de vous

c’est pas du rouge qui s’efface
juste en mouillant un textile
un jour quelqu’un vous embrasse
et c’est indélébile

ce baiser-là là là là là là
tout le monde l’a l’a l’a l’a l’a
reçu un jour
ce baiser-là
tout le monde l’a
donné à son tour

un jour quelqu’un vous enlace
et s’assied sur vos genoux
tout le dur du temps qui passe
soudain devient doux

la vie à chercher sa place
ou à se cogner partout
un jour quelqu’un vous embrasse
et vous tenez debout

ce baiser-là là là là là là
tout le monde l’a l’a l’a l’a l’a
reçu un jour
ce baiser-là
tout le monde l’a
donné à son tour

le monde on croit qu’on s’en lasse
qu’il est le même toujours
un jour quelqu’un vous embrasse
un jour
adieu la saison des glaces
soleil dedans et autour
c’est du bonheur qu’on ramasse
un jour
un jour

ce baiser-là là là là là là
tout le monde l’a l’a l’a l’a l’a
reçu un jour
ce baiser-là
tout le monde l’a
donné à son tour

ce baiser-là là là là là là
tout le monde l’a l’a l’a l’a l’a
reçu un jour
ce baiser-là
tout le monde l’a
donné à son tour

ce baiser-là là là là là là
tout le monde l’a l’a l’a l’a l’a
reçu un jour
ce baiser-là
tout le monde l’a
donné à son tour
ce baiser-là
tout le monde l’a
donné à son tour
Chanson du Soldat Rose,
par Thomas Dutronc

ami c’est dans aimer
c’est dans imaginer
ami c’est dans magique
dans magnifique

ce n’est pas dans absence
ni dans indifférence
ami c’est dans famille
pas dans fragile

ce n’est pas dans amour
mais ça pourrait
on n’en fait pas le tour
en un couplet
ce n’est pas dans toujours
mais ça devrait
on est ami un jour
c’est à jamais

il y a ami dans main
dans la main qui vous tient
ami aussi dans mai
bientôt l’été


ami c’est dans maison
jamais dans abandon
c’est dans humanité
un peu caché

ce n’est pas dans amour
mais ça pourrait
on n’en fait pas le tour
en un couplet
ce n’est pas dans toujours
mais ça devrait
on est ami un jour
c’est à jamais

ce n’est pas dans amour
mais ça pourrait
on n’en fait pas le tour
en un couplet
ce n’est pas dans toujours
mais ça devrait
on est ami un jour
on est ami un jour

c’est à jamais
Chanson de la Panthère noire en peluche,
par Tété

rien ne bouge dehors, rien ne bouge dedans
c’est l’heure, c’est l’heure
rien ne bouge dehors, rien ne bouge dedans
c’est l’heure, c’est l’heure

c’est l’heure où les bourdons cessent de bourdonner
l’heure où les bougons cessent de bougonner
qu’on soit en pyjama ou qu’on dorme tout nuche
on serre contre soi sa panthère en peluche

rien ne bouge dehors, rien ne bouge dedans
on sait que c’est l’heure, c’est l’heure
rien ne bouge dehors, rien ne bouge dedans
même le malheur dort ou alors il fait semblant

c’est l’heure où les amants rejouent à s’aimanter
l’heure où les enfants cessent d’enfantiller
plus rien ne vient troubler le silence absoluche
que le ronron léger des panthères en peluche

rien ne bouge dehors, rien ne bouge dedans
on sait que c’est l’heure, c’est l’heure
rien ne bouge dehors, rien ne bouge dedans
même le malheur dort ou alors il fait semblant

puisqu’on ferme les yeux
on peut imaginer
derrière les persiennes
sous le ciel qui prend feu
les grands champs d’oliviers
la chaleur diluvienne
le port de Trieste
les plaines du Far West
la poussière et le reste
quand vient l’heure de la sieste

rien ne bouge dehors, rien ne bouge dedans
c’est l’heure, c’est l’heure
rien ne bouge dehors, rien ne bouge dedans
c’est l’heure, c’est l’heure

c’est l’heure où les marchands cessent de marchander
l’heure où les chenapans vous fichent la paix
les foules disparaissent au long des avenuches
et les lits se remplissent de panthères en peluche

rien ne bouge dehors, rien ne bouge dedans
on sait que c’est l’heure, c’est l’heure
rien ne bouge dehors, rien ne bouge dedans
même le malheur dort ou alors il fait semblant

rien ne bouge dehors, rien ne bouge dedans
on sait que c’est l’heure, c’est l’heure
rien ne bouge dehors, rien ne bouge dedans
on dirait qu’un sort est tombé sur les gens
Chanson de Made In Asia,
par Nolwenn Leroy

bleus
les yeux des princesses
bleue
la mer qui paresse
le long des plages pâles

bleu
comme le beau Danube
bleue
la gouache dans les tubes
de Matisse ou Chagall

bleus
sachets de lavandes
que
vendent les marchandes
pour parfumer les chambres

bleus
bonbons à la menthe
bleus
les mots que l’on chante
pour réchauffer décembre

c’est la couleur du bonheur
et la couleur de la peur
qu’un jour ou l’autre ce bonheur
s’en aille voir ailleurs


bleu
entre les ardoises
bleu
le grand ciel turquoise
que nous lance l’été

bleues
entre les paupières
bleues
les pupilles claires
de ta belle fiancée

c’est la couleur du bonheur
et la couleur de la peur
qu’un jour ou l’autre ce bonheur
s’en aille voir ailleurs

et si le chaperon est de rouge vêtu
c’est que de l’indigo, il n’y en avait plus
pour le Père Noël, une seule raison :
le pot de bleu était vide dit-on

bleus
les yeux des princesses
bleue
la mer qui paresse
le long des plages pâles

bleu
comme le beau Danube
bleue
la gouache dans les tubes
de Matisse ou Chagall

bleu
entre les ardoises
bleu
le grand ciel turquoise
que nous lance l’été

bleues
entre les paupières
bleues
les pupilles claires
de ta belle fiancée
Chanson du Soldat Rose,
par Thomas Dutronc

j’ai le blues du rose
ce bleu m’indispose
nostalgie de quand
j’étais différent

le blues maintenant
de n’être plus grand chose
que le numéro cent
dans l’océan

j’ai le blues d’avant
d’avant cette métamorphose
qui me fait bon sang
rentrer dans le rang

le blues du temps
du temps de l’apothéose
où tout petit pourtant
je me sentais géant

de quoi j’ai l’air en militaire
en militaire comme il y en mille exemplaires
moi qui aurais du mal à faire mal
au plus minimal animal
du mal à faire mal
au plus minimal animal
sur terre

de quoi j’ai l’air
de pas grand chose
j’ai le blues du rose

j’ai le blues du rose
ce bleu m’indispose
nostalgie de quand
j’étais différent

le blues maintenant
de n’être plus grand chose
que le numéro cent
dans l’océan

j’ai le blues d’avant
d’avant cette métamorphose
qui me fait bon sang
rentrer dans le rang

le blues du temps
du temps de l’apothéose
où tout petit pourtant
je me sentais géant

de quoi j’ai l’air en militaire
en militaire moi le rêveur le tête en l’air
moi qui aurais du mal à faire mal
au plus minimal animal
du mal à faire mal
au plus minimal animal
sur terre

de quoi j’ai l’air
de pas grand chose
j’ai le blues du rose

je vis la fleur au fusil
cette fleur tout le monde l’a compris
cette fleur tout le monde le suppose
cette fleur c’est…

je vis la fleur au fusil
cette fleur tout le monde l’a compris
cette fleur tout le monde le suppose
cette fleur c’est…
Chanson de la Boîte à meuh,
par Camélia Jordana

les mains sont boîtes à caresses
les bouches boîtes à bisous
les lits sont boîtes à paresse
tout n’est que boîte après tout

les yeux sont boîtes à images
les fleurs boîtes à parfums
les rêves boîtes à voyages
qu’on referme le matin

et le monde, le monde
rien qu’une boîte ronde
le monde, le monde
une boîte
et le monde, le monde
rien qu’une boîte ronde
où s’emboîtent
toutes les boîtes

boîtes à rimes les poèmes
boîtes à crimes les révolvers
et la grande boîte à je t’aime
qui bat sous les pull-over

boîtes de pluie les nuages
boîte à poissons l’océan
et selon certains ouvrages
les mamans boîtes à enfants


et le monde, le monde
juste une boîte ronde
le monde, le monde
une boîte
et le monde, le monde
juste une boîte ronde
où s’emboîtent
toutes les boîtes

les forêts boîtes à nature
l’été boîte à cigales
la ville boîte à voitures
la nuit boîte à étoiles

les mains boîtes à caresses
les bouches boîtes à bisous
les lits boîtes à paresse
tout n’est que boîte après tout

et le monde, le monde
juste une boîte ronde
ronde comme la lune
où s’emboîtent une à une
toutes les boîtes
Chanson du Gardien de nuit,
par Francis Cabrel

n’allez pas croire à ces histoires
d’esprits qui hantent les manoirs
ces translucides créatures
qui fuient en traversant les murs
à ces soit disant bruits de chaînes
ni aux draps blancs qui se promènent
n’y croyez pas non
n’y croyez pas non

ne croyez pas à ces cauchemars
ces rêves où tout est froid et noir
qui défilent parfois dans vos têtes
avec leurs armées de squelettes
ce qui se cache sous vos lits
c’est de la poussière endormie
n’y croyez pas non
n’y croyez pas non

s’il y a un fantôme ici
il porte un large costume sombre
il n’a que la nuit pour amie
il se déplace comme une ombre
il tient sa lampe à bout de bras


n’allez pas croire à ces histoires
d’esprits qui tapent dans les placards
il n’existe rien de la sorte
ni corbeaux cloués sur les portes
ni sorcières aux cris de hiboux
ni vampires qui vous tiennent par le cou
n’y croyez pas non
n’y croyez pas non

s’il y a un fantôme ici
il porte un large costume sombre
il n’a que la nuit pour amie
il se déplace comme une ombre
il tient sa lampe à bout de bras
et c’est moi

il n’y a rien dans ce bas monde
pour apparaître ou disparaître
en l’espace de quelques secondes
mis à part le bonheur peut-être